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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 12:38

 

affiche-Cabaret-Iasi_m.jpgSpectacle de théâtre  : « Le cabaret de l’impossible »

Samedi 9 mars à 19h00

Teatrul FIX (10 rue Cuza Vodă, sous-sol)

Durée : 75 min. ; Avec des surtitres en roumain

Entrée libre (in limita locurilor disponibile)

 

Dans le cadre du Mois de la Francophonie

 

 

Un spectacle sur la francophonie... Des conteurs racontent la francophonie. Une idée dans l'air du temps ! Un conte breton, un peu d’exotisme réunionnais, d’accent québécois et le tour est joué. Et bien, pas du tout ! L’affaire s’est avérée rapidement beaucoup plus complexe qu’elle n’y paraissait pour ces personnages... Divergences, coups de gueule, connivences aussi. Ainsi s’engage l’aventure du Cabaret de l’Impossible, ou l’histoire singulière de trois conteurs d’une même génération, acteurs de leur propre fiction !

 

De et avec : Achille Grimaud, Sergio Grondin, François Lavallée

Direction artistique : Mael Le Goff

Construction narrative : Alain Le Goff

Ecriture sonore : Mikael Plunian

Création lumière : David Brégardis

 

Pour recevoir toutes les nouveautés pendant la francophonie,

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Lectorat de français de Iasi - dans Francophonie 2013
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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 18:26
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Parlons honnêtement de mensonges !

Chacun d'entre nous ment en moyenne près de trois fois toutes les dix minutes :  un triste constat, d'après Robert Feldman, professeur à l'Université du Massachusetts à Amherst ( États-Unis ). Pour établir ce constat, ce psychologue a filmé en secret les conversations de quelques étudiants, qui participaient à  ses cours, avec des personnes extérieures à la faculté, puis leur a demandé de compter le nombre de mensonges qu'ils avaient proférés. 

Les femmes mentent-elles plus que les représentants du genre masculin ?

Contrairement à l'idée stéréotypée que les femmes mentent plus que les hommes, ce psychologue a decouvert que ce mythe est faux ! Les femmes ne mentent pas plus que les hommes, mais elles recourent davantage à des inventions pour mettre leur interlocuteur à l'aise, tandis que leurs compagnons trichent avant tout pour se valoriser. 

Et les Français, pourquoi mentent-ils ?

En ce qui concerne la France, selon un sondage SOFRES (1998), ses habitants mentent pour ne pas faire de la peine, pour éviter une dispute, donner une bonne image d'eux, plus rarement, pour se disculper d'une faute. 
Dans de nombreux cas, les mensonges des Français ont un motif  en général altruiste et courtois ." Tu as vraiment une mine superbe" est un "pieux" mensonge, l'un des plus courants, qui vise à remonter le moral d'un proche en proie à la maladie  ou à la déprime, ou manquant de confiance en lui-même. Grâce à ce mensonge, l'interlocuteur se sent tout de suite mieux dans sa peau.

" Le mensonge est une preuve d'intelligence " 
mensonge (1)Une opinion très interessante est celle de Boris Cyrulnik, psychiatre : " Le mensonge est une preuve d'intelligence". Éthologue très connu, Boris Cyrulnik dirige un groupe de recherche en France, sur l'éthologie clinique à l'hôpital de Toulon et enseigne l'éthologie humaine à l' Université du Var. Parmi ses ouvrages il a écrit L'ensorcellement du monde ( Hachette, 1997 ). Dans un entretien, le psychiatre répond à une question populaire de nos jours : La culpabilité, la honte et, surtout, la peur sont souvent des mobiles du mensonge, mais existe-t-il pour autant, dans certaines circonstances, un droit de mentir ou, plus encore, un devoir de mentir ?  Boris Cyrulnik :  Oui, bien sûr, il existe un devoir de mensonge, puisque c’est une preuve d’empathie. Le mensonge est certainement « la » virtuosité intellectuelle humaine. Mentir, c’est savoir qu’avec un mot, un scénario, une mimique, un sourire, une posture, je vais pouvoir modifier les représentations de l’autre et entrer dans son monde intime. C’est une performance intellectuelle extrême qui exige que moi, menteur, je puisse me représenter les représentations de l’autre. Pour cela, il faut non seulement que je sois très intelligent, mais surtout que je sois respectueux de l’autre. Et mentir, c’est respecter l’autre. […] Il est vrai que très souvent le mobile du mensonge est la protection. Si ma vie est en jeu, il suffit que je me taise pour la protéger […] J’ai donc également un droit de mensonge pour me protéger (c’est de la légitime défense) en manipulant les représentations de l’autre afin de les rendre conformes à mon désir.

Je sais que vous mentez

Un scénario mal ficelé, une émotion mal simulée, une émotion anormale détectée, sont des signes qui nous offre la possibilité de reconnaitre un mensonge. Paul Ekman, auteur du livre Je sais que vous mentez  eplique comment détecter le mensonge dans les paroles, la voix, les indices corporels. Il decrit aussi les indices faciaux du mensonge comme les micro-expressions, le sourire, les expressions asymétriques.
 
Après la lecture de cette article, je vous recommande Lie to me. Paul Ekman est le conseiller scientifique de cette série qui a pour sujet l'analyse des micro-expressions humaines pour trouver la vérité dans différents cas de crime et injustices, et série qui m'a inspirée cet article. 


Bibliographie :
Karine JACQUET et Adeline COLONAT, Ça m'intéresse, septembre 2005
Paul EKMAN, Je sais que vous mentez, Michel Lafon, 2010 
Entretien avec Boris Cyrulnik trouvé sur le site :
                                       
                                           
                    rédactrice : Catalina- Victoria Leu, IIème année, section français-allemand
                                                                                                    
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Lectorat de français de Iasi - dans articles
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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 23:56

 

 

  Mardi : 16:00 – 18:00 => ouverture bibliothèque

 

  Mercredi : 14:00 – 18:00 => ouverture bibliothèque

                  

  Jeudi : 19:00 – 21:00 => troupe de théâtre d’impro  (salle B. Fondane)

 

  Vendredi : 16:00 – 18:00 => ouverture bibliothèque

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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 17:08

 

 

carte-pour-le-printemps.jpg

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Lectorat de français de Iasi - dans autres
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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 17:22

Qui fait de la photographie ?

Qui veut gagner un week end à Paris ? 

 

Les Lectorats de français des universités de Roumanie vous invitent à participer au concours « Une photo + une légende » sur le thème « Dis-moi dix mots semés au loin ». L’édition 2012-2013 mettra à l’honneur dix mots français qui ont été repris tels quels dans d’autres langues : atelier, bouquet, cachet, coup de foudre, équipe, protéger, savoir-faire, unique, vis-à-vis et voilà.

Pour participer, les étudiants doivent choisir et illustrer un mot par une photographie accompagnée d’une légende explicative. Chaque participant peut choisir jusqu’à trois mots et envoyer jusqu’à trois photographies légendées à l’adresse dixmots@gmail.com. La date limite de participation est fixée au 9 mars 2013. Télécharger le règlement du concours et la fiche d’inscription.

Il y a de nombreux cadeaux à gagner : le gagnant du premier prix remportera un voyage en France ! La remise des prix à Bucarest aura lieu à l’Institut français en mars 2013. Une exposition des meilleurs travaux sera ensuite inaugurée par chacun des Lectorats de français.

 

affiche-dixmots2013-A3--2-.jpg

 

Merci d'envoyez vos photos, avec vos fiches d'inscription complétées, à l'adresse dixmots@gmail.com  jusqu'au 9 mars. 

 

attention : les photos doivent avoir une bonne définition, nécessaire à l'impression au format 20*30cm.

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Lectorat de français de Iasi - dans prix et concours
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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 00:27

L'Institut français organise régulièrement des "lectures croisées". 

 

Qu'est-ce que des "lectures croisées" ? 

C'est une lecture d'une oeuvre française, en français et en roumain (donc avec une traduction), avec une petite analyse et une petite discussion après la lecture.

Cela permet de découvrir un auteur et un livre français connus. 

 

20 février s (1)


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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 22:31

Book : la révolution technologique !  A découvrir de toute urgence !

 

 

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Lectorat de français de Iasi - dans humour
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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 09:26

Le Romantisme

 

René, de Chateaubriand

 

Extrait 1.

 

J’ai coûté la vie à ma mère en venant au monde ; j’ai été tiré de son sein avec le fer. J’avais un frère que mon père bénit, parce qu’il voyait en lui son fils aîné. Pour moi, abandonné de bonne heure à des mains étrangères, je fus élevé loin du toit paternel. Ma mémoire était heureuse, je fis de rapides progrès ; mais je portais le désordre parmi mes compagnons. Mon humeur était impétueuse, mon caractère inégal ; tour-à-tour bruyant et joyeux, silencieux et triste ; tantôt rassemblant autour de moi mes jeunes amis, puis les abandonnant tout-à-coup pour aller me livrer à des jeux solitaires.

 

Chaque automne, je revenais au château paternel, situé au milieu des forêts, près d’un lac, dans une province reculée.

 

Timide et contraint, devant mon père, je ne trouvais l’aise et le contentement qu’ auprès de ma sœur Amélie. Une douce conformité d’humeur et de goûts m’unissait étroitement à cette sœur ; elle était un peu plus âgée que moi. Nous aimions à gravir les coteaux ensemble, à voguer sur le lac, à parcourir les bois à la chute des feuilles ; promenades dont le souvenir remplit encore mon âme de

délices : ô, illusions de l’enfance et de la patrie, ne perdez-vous jamais vos douceurs !

 

Tantôt nous marchions tout pensifs, prêtant l’oreille au silence de l’automne, ou au bruit des

feuilles séchées, que nous traînions tristement sous nos pas ; tantôt nous murmurions quelques vers

où nous cherchions à peindre la nature. Jeune, je cultivais les muses ; il n’y a rien de plus poétique,

dans la fraîcheur de ses passions, qu’un cœur de seize années : le matin de la vie est comme le

matin du jour, plein de pureté, d’images et d’harmonies.

 

 

Extrait 2.

 

On m’accuse d’avoir des goûts inconstants et rapides, de ne pouvoir jouir long-temps de la même chimère, d’être la proie d’une imagination avide, qui se hâte d’arriver au fond de mes plaisirs, comme si elle était accablée de leur courte durée ; on m’accuse de passer toujours le but que je puis atteindre : hélas ! je cherche seulement un bien inconnu, dont le vague instinct me poursuit. Est-ce ma faute, si je trouve par-tout les bornes, si ce qui est fini n’a pour moi aucune valeur ? Cependant je sens que j’aime la monotonie des sentiments de la vie ; et si j’avais encore la folie de croire au bonheur, je le chercherais dans l’habitude.

 

La solitude absolue, le spectacle inspirant de la nature, me plongèrent bientôt dans un état

presqu’ impossible à décrire. Sans parents, sans amis, pour ainsi dire seul sur la terre, n’ayant point

encore aimé, mais cherchant à aimer, j’étais accablé d’une surabondance de vie. Quelquefois je

rougissais subitement, et je sentais couler dans mon cœur comme des ruisseaux d’une lave ardente ;

quelquefois je poussais des cris involontaires, et la nuit était également troublée de mes songes et de mes veilles. Il me manquait quelque chose pour remplir l’abîme de mon existence : je descendais

dans la vallée, je m’élevais sur la montagne, appelant de toute la force de mes désirs cet idéal objet

d’une flamme future ; je l’embrassais dans les vents, je le saisissais dans les gémissements du fleuve ; tout était ce fantôme imaginaire, et les astres dans les cieux, et le principe même de vie dans l’univers.

 

Toutefois cet état de calme et de trouble, d’indigence et de richesse, n’était pas sans quelques charmes. J’aimais les rêveries dans lesquelles il me plongeait, même en usant les ressorts de ma vie.

 

Extrait 3.

 

 

Cependant, plein d’ardeur, je m’élançai seul sur cet orageux océan du monde, dont je ne

connaissais ni les ports, ni les écueils. Je visitai d’abord les peuples qui ne sont plus ; je m’en allai,

m’asseyant sur les débris de Rome et de la Grèce ; pays de forte et d’ingénieuse mémoire, où les

palais des rois sont ensevelis dans la poudre, et leurs mausolées cachés sous les ronces. O force de

la nature, et faiblesse de l’homme ! un brin d’herbe perce souvent le marbre le plus dur de ces

tombeaux, que tous ces morts, si puissants, ne soulèveront jamais ! quelquefois une haute colonne se montrait seule debout dans un désert, comme une grande pensée s’élève, par intervalles, dans une

âme que le temps et le malheur ont dévastée.

 

 

Extrait 4.

 

Levez-vous vite, orages désirés qui devez emporter René dans les espaces d’une autre vie ! Ainsi disant, je marchais à grands pas, le visage enflammé, le vent sifflant dans ma chevelure, ne sentant ni pluie ni frimas, enchanté, tourmenté, et comme possédé par le démon de mon cœur.

 

La nuit, quand l’aquilon venait à ébranler ma chaumière, que les pluies tombaient en torrent sur mon toit ; qu’à travers ma fenêtre je voyais la lune sillonner les nuages amoncelés comme un pâle vaisseau qui laboure les vagues ; il me semblait que la vie redoublait au fond de mon cœur, que j’aurais eu la puissance de créer des mondes. Ah ! si j’avais pu faire partager à un autre les transports que j’éprouvais ! ô Dieu ! si tu m’avais donné une femme selon mes désirs ; si, comme à notre premier père, tu m’eusses amené par la main une Eve tirée de moi-même.... Beauté céleste, je me serais prosterné devant toi, puis te prenant dans mes bras, j’aurais prié l’ Éternel de te donner les restes de ma vie !

 

Hélas ! j’étais seul, seul sur la terre ! Une langueur secrète s’emparait de mon corps. Ce dégoût de la vie que j’avais ressenti dès ma plus tendre jeunesse, revenait avec une force nouvelle. Bientôt mon cœur ne fournit plus d’aliment à ma pensée, et je ne m’apercevais de mon existence, que par un profond sentiment de mal-aise et d’ennui.

 

Je luttai quelque temps contre mon mal, mais avec indifférence et sans avoir la ferme résolution de le vaincre. Enfin, ne pouvant trouver de remède à cette étrange blessure de mon cœur, qui n’était nulle part, et qui était partout, je résolus de quitter la vie.

 

 

Corinne ou l'Italie, de Madame de Staël

 

Extrait 2. Livre II, chapitre 1er

 

Oswald se réveilla dans Rome. Un soleil éclatant, un soleil d'Italie frappa ses premiers regards, et son âme fut pénétrée d'un sentiment d'amour et de reconnaissance pour le ciel qui semblait se manifester par ces beaux rayons. Il entendit résonner les cloches des nombreuses églises de la ville ; des coups de canon, de distance en distance, annonçaient quelque grande solennité : il demanda quelle en était la cause ; on lui répondit qu'on devait couronner le matin même, au Capitole, la femme la plus célèbre de l'Italie, Corinne, poète, écrivain, improvisatrice, et l'une des plus belles personnes de Rome. Il fit quelques questions sur cette cérémonie consacrée par les noms de Pétrarque et du Tasse, et toutes les réponses qu'il reçut excitèrent vivement sa curiosité.

[…]

Personne ne savait où elle avait vécu, ni ce qu'elle avait été avant cette époque ; elle avait maintenant à peu près vingt-six ans. Ce mystère et cette publicité tout à la fois, cette femme dont tout le monde parlait, et dont on ne connaissait pas le véritable nom, parurent à lord Nelvil l'une des merveilles du singulier pays qu'il venait voir. Il aurait jugé très sévèrement une telle femme en Angleterre, mais il n'appliquait à l'Italie aucune des convenances sociales ; et le couronnement de Corinne lui inspirait d'avance l'intérêt que ferait naître une aventure de l'Arioste.

 

Une musique très belle et très éclatante précéda l'arrivée de la marche triomphale. Un événement, quel qu'il soit, annoncé par la musique, cause toujours de l'émotion. Un grand nombre de seigneurs romains et quelques étrangers précédaient le char qui conduisait Corinne. C'est le cortège de ses admirateurs, dit un Romain.

- Oui, répondit l'autre, elle reçoit l'encens de tout le monde, mais elle n'accorde à personne une préférence décidée ; elle est riche, indépendante ; l'on croit même, et certainement elle en a bien l'air, que c'est une femme d'une illustre naissance, qui ne veut pas être connue.

- Quoi qu'il en soit, reprit un troisième, c'est une divinité entourée de nuages. Oswald regarda l'homme qui parlait ainsi, et tout désignait en lui le rang le plus obscur de la société ; mais, dans le midi, l'on se sert si naturellement des expressions les plus poétiques, qu'on dirait qu'elles se puisent dans l'air et sont inspirées par le soleil.

Enfin les quatre chevaux blancs qui traînaient le char de Corinne se firent place au milieu de la foule.Corinne était assise sur ce char construit à l'antique, et de jeunes filles, vêtues de blanc, marchaient à côté d'elle. Partout où elle passait l'on jetait en abondance des parfums dans les airs ; chacun se mettait aux fenêtres pour la voir, et ces fenêtres étaient parées en dehors par des pots de fleurs et des tapis d'écarlate ; tout le monde criait : Vive Corinne ! vive le génie ! vive la beauté ! L'émotion était générale ; mais lord Nelvil ne la partageait point encore ; et bien qu'il se fût déjà dit qu'il fallait mettre à part, pour juger tout cela, la réserve de l'Angleterre et les plaisanteries françaises, il ne se livrait point à cette fête, lorsqu'enfin il aperçut Corinne.

Elle était vêtue comme la Sybille du Dominiquin, un schall des Indes tourné autour de sa tête, et ses cheveux du plus beau noir entremêlés avec ce schall ; sa robe était blanche ; une draperie bleue se rattachait au-dessous de son sein, et son costume était très pittoresque, sans s'écarter cependant assez des usages reçus, pour que l'on pût y trouver de l'affectation. Son attitude sur le char était noble et modeste : on apercevait bien qu'elle était contente d'être admirée ; mais un sentiment de timidité se mêlait à sa joie et semblait demander grâce pour son triomphe ; l'expression de sa physionomie, de ses yeux, de son sourire, intéressait pour elle, et le premier regard fit de lord Nelvil son ami, avant même qu'une impression plus vive le subjuguât. Ses bras étaient d'une éclatante beauté ; sa taille grande, mais un peu forte, à la manière des statues grecques, caractérisait énergiquement la jeunesse et le bonheur ; son regard avait quelque chose d'inspiré. L'on voyait dans sa manière de saluer et de remercier, pour les applaudissements qu'elle recevait, une sorte de naturel qui relevait l'éclat de la situation extraordinaire dans laquelle elle se trouvait ; elle donnait à la fois l'idée d'une prêtresse d'Apollon, qui s'avançait vers le temple du Soleil, et d'une femme parfaitement simple dans les rapports habituels de la vie ; enfin tous ses mouvements avaient un charme qui excitait l'intérêt et la curiosité, l'étonnement et l'affection.

 

L'admiration du peuple pour elle allait toujours en croissant, plus elle approchait du Capitole, de ce lieu si fécond en souvenirs. Ce beau ciel, ces Romains si enthousiastes, et par-dessus tout Corinne, électrisaient l'imagination d' Oswald : il avait vu souvent dans son pays des hommes d'état portés en triomphe par le peuple ; mais c'était pour la première fois qu'il était témoin des honneurs rendus à une femme, à une femme illustrée seulement par les dons du génie : son char de victoire ne coûtait de larmes à personne ; et nul regret, comme nulle crainte, n'empêchait d'admirer les plus beaux dons de la nature, l'imagination, le sentiment et la pensée.

[...]

La musique se fit entendre avec un nouvel éclat au moment de l'arrivée de Corinne, le canon retentit, et la Sybille triomphante entra dans le palais préparé pour la recevoir.

Au fond de la salle où elle fut reçue, était placé le sénateur qui devait la couronner et les conservateurs du sénat : d'un côté tous les cardinaux et les femmes les plus distinguées du pays, de l'autre les hommes de lettres de l'académie de Rome ; à l'extrémité opposée, la salle était occupée par une partie de la foule immense qui avait suivi Corinne. La chaise destinée pour elle était sur un gradin inférieur à celui du sénateur. Corinne, avant de s'y placer, devait, selon l'usage, en présence de cette auguste assemblée, mettre un genou en terre sur le premier degré. Elle le fit avec tant de noblesse et de modestie, de douceur et de dignité, que lord Nelvil sentit en ce moment ses yeux mouillés de larmes

 

 

 

Lorenzaccio, de Musset

LORENZO — Suis-je un Satan ? lumière du Ciel ! je m’en souviens encore ; j’aurais pleuré avec la première fille que j’ai séduite, si elle ne s’était mise à rire. Quand j’ai commencé à jouer mon rôle de Brutus moderne, je marchais dans mes habits neufs de la grande confrérie du vice comme un enfant de dix ans dans l’armure d’un géant de la fable. je croyais que la corruption était un stigmate, et que les monstres seuls le portaient au front. j’avais commencé à dire tout haut que mes vingt années de vertu étaient un masque étouffant ; ô Philippe ! j’entrai alors dans la vie, et je vis qu’à mon approche tout le monde en faisait autant que moi ; tous les masques tombaient devant mon regard ; l’humanité souleva sa robe et me montra, comme à un adepte digne d’elle, sa monstrueuse nudité. j’ai vu les hommes tels qu’ils sont, et je me suis dit : Pour qui est-ce donc que je travaille ? Lorsque je parcourais les rues de Florence, avec mon fantôme à mes côtés, je regardais autour de moi, je cherchais les visages qui me donnaient du cœur, et me demandais : Quand j’aurai fait mon coup, celui-là en profitera-t-il ? j’ai vu les républicains dans leurs cabinets ; je suis entré dans les boutiques, j’ai écouté et j’ai guetté, j’ai recueilli les discours des gens du peuple ; j’ai vu l’effet que produisait sur eux la tyrannie ; j’ai bu dans les banquets patriotiques le vin qui engendre la métaphore et la prosopopée ; j’ai avalé entre deux baisers les armes les plus vertueuses ; j’attendais toujours que l’humanité me laissât voir sur sa face quelque chose d’honnête. j’observais comme un amant observe sa fiancée en attendant le jour des noces.

PHILIPPE — Si tu n’as vu que le mal, je te plains, mais je ne puis te croire. Le mal existe, mais non pas sans le bien ; comme l’ombre existe, mais non sans la lumière.

LORENZO — Tu ne veux voir en moi qu’un mépriseur d’hommes, c’est me faire injure, je sais parfaitement qu’il y en a de bons. Mais à quoi servent-ils ? que font-ils ? comment agissent-ils ? Qu’importe que la conscience soit vivante, si le bras est mort ? il y a de certains côtés par où tout devient bon : un chien est un ami fidèle ; on peut trouver en lui le meilleur des serviteurs, comme on peut voir aussi qu’il se roule sur ses cadavres, et que la langue avec laquelle il lèche son maître sent la charogne d’une lieue. Tout ce que j’ai à voir, moi, c’est que je suis perdu, et que les hommes n’en profiteront pas plus qu’ils ne me comprendront.

PHILIPPE — Pauvre enfant, tu me navres le cœur ! Mais si tu es honnête, quand tu auras délivré ta patrie, tu le redeviendras. Cela réjouit mon vieux cœur, Lorenzo, de penser que tu es honnête ; alors tu jetteras ce déguisement hideux qui te défigure, et tu redeviendras d’un métal aussi pur que les statues de bronze d’Harmodius et d’Aristogiton. 

LORENZO — Philippe, Philippe, j’ai été honnête. La main qui a soulevé une fois le voile de la vérité ne peut plus le laisser retomber ; elle reste immobile jusqu’à la mort, tenant toujours ce voile terrible, et l’élevant de plus en plus au-dessus de la tête de l’homme, jusqu’à ce que l’ange du sommeil éternel lui bouche les yeux.

PHILIPPE — Toutes les maladies se guérissent ; et le vice est aussi une maladie.

LORENZO — Il est trop tard. je me suis fait à mon métier. Le vice a été pour moi un vêtement ; maintenant il est collé à ma peau. Je suis vraiment un ruffian, et quand je plaisante sur mes pareils, je me sens sérieux comme la mort au milieu de la gaieté. Brutus a fait le fou pour tuer Tarquin, et ce qui m’étonne en lui, c’est qu’il n’y ait pas laissé sa raison. Profite de moi, Philippe, voilà ce que j’ai à te dire : ne travaille pas pour ta patrie.

PHILIPPE — Si je te croyais, il me semble que le ciel s’obscurcirait pour toujours, et que ma vieillesse serait condamnée à marcher à tâtons. Que tu aies pris une route dangereuse, cela peut être ; pourquoi ne pourrais-je en prendre une autre qui me mènerait au même point ? Mon intention est d’en appeler au peuple, et d’agir ouvertement. 

LORENZO — Prends garde à toi, Philippe, celui qui te le dit sait pourquoi il le dit. Prends le chemin que tu voudras, tu auras toujours affaire aux hommes.

PHILIPPE — Je crois à l’honnêteté des républicains.

LORENZO — Je te fais une gageure. Je vais tuer Alexandre ; une fois mon coup fait, si les républicains se comportent comme ils le doivent, il leur sera facile d’établir une république, la plus belle qui ait jamais fleuri sur la terre. Qu’ils aient pour eux le peuple, et tout est dit. Je te gage que ni eux ni le peuple ne feront rien. Tout ce que je te demande, c’est de ne pas t’en mêler ; parle, si tu le veux, mais prends garde à tes paroles ; et encore plus à tes actions. Laisse-moi faire mon coup ; tu as les mains pures, et moi, je n’ai rien à perdre.

PHILIPPE — Fais-le, et tu verras.

LORENZO — Soit, — mais souviens-toi de ceci. Vois-tu dans cette petite maison cette famille assemblée autour d’une table ? ne dirait-on pas des hommes ? Ils ont un corps, et une âme dans ce corps. Cependant, s’il me prenait envie d’entrer chez eux, tout seul, comme me voilà, et de poignarder leur fils aîné au milieu d’eux, Il n’y aurait pas un couteau de levé sur moi. 

PHILIPPE — Tu me fais horreur. Comment le cœur peut-il rester grand avec des mains comme les tiennes ?

LORENZO — Viens, rentrons à ton palais, et tâchons de délivrer tes enfants.

PHILIPPE — Mais pourquoi tueras-tu le duc, si tu as des idées pareilles ?

LORENZO — Pourquoi ? tu le demandes ?

PHILIPPE — Si tu crois que c’est un meurtre inutile à ta patrie, pourquoi le commets-tu ?

LORENZO — Tu me demandes cela en face ? regarde-moi un peu. j’ai été beau, tranquille et vertueux.

PHILIPPE — Quel abîme ! quel abîme tu m’ouvres !

LORENZO — Tu me demandes pourquoi je tue Alexandre ? Veux-tu donc que je m’empoisonne, ou que je saute dans l’Arno ? veux-tu donc que je sois un spectre, et qu’en frappant sur ce squelette (il frappe sa poitrine), il n’en sorte aucun son ? Si je suis l’ombre de moi-même, veux-tu donc que je m’arrache le seul fil qui rattache aujourd’hui mon cœur à quelques fibres de mon cœur d’autrefois ? Songes-tu que ce meurtre, c’est tout ce qui me reste de ma vertu ? Songes-tu que je glisse depuis deux ans sur un mur taillé à pic, et que ce meurtre est le seul brin d’herbe où j’aie pu cramponner mes ongles ? Crois-tu donc que je n’aie plus d’orgueil, parce que je n’ai plus de honte ? et veux-tu que je laisse mourir en silence l’énigme de ma vie ? Oui, cela est certain, si je pouvais revenir à la vertu, si mon apprentissage du vice pouvait s’évanouir, j’épargnerais peut-être ce conducteur de bœufs. Mais j’aime le vin, le jeu et les filles ; comprends-tu cela ? Si tu honores en moi quelque chose, toi qui me parles, c’est mon meurtre que tu honores, peut-être justement parce que tu ne le ferais pas. Voilà assez longtemps, vois-tu, que les républicains me couvrent de boue et d’infamie ; voilà assez longtemps que les oreilles me tintent, et que l’exécration des hommes empoisonne le pain que je mâche ; j’en ai assez de me voir conspué par des lâches sans nom qui m’accablent d’injures pour se dispenser de m’assommer, comme ils le devraient, j’en ai assez d’entendre brailler en plein vent le bavardage humain ; il faut que le monde sache un peu qui je suis et qui il est. Dieu merci, c’est peut-être demain que je tue Alexandre ; dans deux jours j’aurai fini. Ceux qui tournent autour de moi avec des yeux louches, comme autour d’une curiosité monstrueuse apportée d’Amérique, pourront satisfaire leur gosier et vider leur sac à paroles. Que les hommes me comprennent ou non, qu’ils agissent ou n’agissent pas, j’aurai dit aussi ce que j’ai à dire ; je leur ferai tailler leurs plumes si je ne leur fais pas nettoyer leurs piques, et l’humanité gardera sur sa joue le soufflet de mon épée marqué en traits de sang. Qu’ils m’appellent comme ils voudront, Brutus ou Erostrate, il ne me plaît pas qu’ils m’oublient. Ma vie entière est au bout de ma dague, et que la Providence retourne ou non la tête, en m’entendant frapper, je jette la nature humaine à pile ou face sur la tombe d’Alexandre ; dans deux jours les hommes comparaîtront devant le tribunal de ma volonté.

 

Deuxième Elégiede Victoire Babois

 

En vain toujours errante et toujours inquiète,

Je crois fuir ma douleur en fuyant ma retraite.

Ici pour mes yeux seuls la nature est en deuil,

Et tout semble avec moi gémir sur un cercueil.

Malgré moi-même, hélas ! De ma fille expirante

Je retrouve en tous lieux l'image déchirante;

Je sens encor ses maux, je la revois en pleurs,

Tour à tour résistant, succombant aux douleurs,

S'attacher à mon sein, et d'une main débile

Sur ce sein malheureux se chercher un asile.

Le nom de mère, hélas !qui fit tout mon bonheur,

Ses accents douloureux l'ont gravé dans mon cœur.

Par un dernier effort où survit sa tendresse,

Je la vois surmonter ses tourments, sa faiblesse ;

Ses yeux cherchent mes yeux, sa main cherche ma main ;

Elle m'appelle encore, et tombe sur mon sein...

Dieu puissant, Dieu cruel, tu combles ma misère ;

C'en est fait, elle expire, et je ne suis plus mère !

Ses yeux, ses yeux si doux, sont fermés pour toujours.

Ma fille ! … Non le sort n'a pas tranché tes jours ;

Me séparer de toi n'est pas en sa puissance :

La preuve de ta vie est dans mon existence.

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Lectorat de français de Iasi - dans espace cours
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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 10:49
"L'Etude de la Francophonie et de la Mondialisation"
 
Comme chaque année, l'Institut pour l'Etude de la Francophonie et de la Mondialisation (IFRAMOND) lance un appel à candidatures pour recruter des étudiants pour sa formation diplômante intitulée "L'Etude de la Francophonie et de la Mondialisation". Celle-ci sera dispensée à partir du 24 avril 2013. Cette formation a pour objectif de former au niveau du troisième cycle des diplomates, des professionnels (des secteurs publics et privés) et des étudiants à la Francophonie.
 
La formation est ouverte à tous les étudiants titulaires d’un diplôme de maîtrise, master 1 ou équivalent, diplômes d’ingénieur ou d’école supérieure de commerce. Elle s'adresse aussi aux cadres et décideurs du secteur privé ou du secteur public, quelle que soit leur spécialité professionnelle. La Roumanie, pays le plus francophone d'Europe à l'exception des pays de la francophonie "native" est donc particulièrement concernée par ce projet.
 
La date limite de dépôt de dossier de candidature a été fixée au 20 février 2013.
 
L'IFRAMOND est rattaché à l'Université Jean Moulin Lyon 3. Cette université a décidé de faire de la francophonie et de la mondialisation des objectifs stratégiques tant en recherche qu’en formation, afin de répondre aux attentes de ses étudiants et de ses partenaires. Elle a donc choisie de créer cet institut dédié à la francophonie et de délivrer un diplôme spécifique à cette problématique depuis 2001.
Contact :

Mélanie DAVID
------------------------------------------------------
Institut pour l'etude de la francophonie et de la mondialisation (IFRAMOND)
Université Jean Moulin Lyon 3
15, quai Claude Bernard - 69007 Lyon (France)
Ligne directe : +33 (0)4 26 31 85 37 | Fax : +33 (0)4 78 78 73 74
------------------------------------------------------
Site internet de l'Université : www.univ-lyon3.fr 
Pour plus d'informations concernant l'Institut et ses formations : www.iframond.com

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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 13:31

"La forêt de Mogari" de Naomi Kawase

Mercredi 16 janvier à 18h00
Salle « B. Fondane », Institut français de Iasi
Co-production franco-japonaise ; Drame ; 2007 ; 97 min. ; Sous-titres en roumain
Grand Prix du Jury au Festival de Cannes 2007
Séance TOUT PUBLIC
ENTREE LIBRE


Machiko, encore affecté par la mort de son fils, commence son nouveau travail d’aide-soignante dans un établissement situé en pleine nature et accueillant des personnes âgées. Elle y rencontrera Shigeki qui, depuis la mort de sa femme, assiste à des apparitions lumineuses. C'est ainsi que les deux protagonistes vont se retrouver perdus dans la forêt de Mogari pour se retrouver face à leurs émotions et leur souffrance.

Diplômée de l’Ecole de photographie d'Osaka, Naomi Kawase réalise plusieurs courts-métrages et moyens-métrages documentaires et autobiographiques, dont « Dans ses bras » (1992), sur la recherche de son père, qui a abandonné sa famille quand elle était jeune. Ce film lui vaut le Premier Prix d’encouragement du Festival Forum de l’image de Tokyo.
Quatre ans plus tard, Naomi Kawase réalise son premier long métrage, « Suzaku », situé dans sa province natale de Nara, et qui lui permet de remporter la Caméra d’or au Festival de Cannes 1997. Elle retourne à Nara en 2000 pour « Hotaru » après un détour expérimental avec « Kaléidoscope », qui évoque sa collaboration avec le photographe Arimoto Shinya. En 2003, elle s’accorde un petit rôle dans « Shara », présenté en Compétition officielle au 56ème édition du Festival de Cannes. Le film lui vaut une reconnaissance internationale. Cannes est un théâtre qui lui réussit bien puisque « La Forêt de Mogari », son quatrième long-métrage de fiction, reçoit le Grand Prix du jury lors de la 60ème édition du Festival (2007).

 


Cine-descoperire: „Padurea Mogari” de Naomi Kawase
Miercuri, 16 ianuarie, ora 18.00
Sala „B. Fondane”, Institutul francez Iasi
Coproductie franco-japoneza
Drama; 2007; 97 min.; SUBTITRARE IN ROMANA
Marele Premiu al Juriului la Festivalul de la Cannes 2007
Proiectie destinata PUBLICULUI LARG
INTRAREA LIBERA


Afectata inca de moartea fiului ei, Machiko incepe sa lucreze ca ingrijitoare intr-un centru pentu persoane in varsta, aflat in mijlocul naturii. Il intalneste aici pe Shigeki care, de la moartea sotiei sale, vede aparitii luminoase. Cei doi protagonisti se vor trezi in felul acesta pierduti in padurea Mogari, pentru a se regasi fata in fata cu emotiile si suferintele lor.

Absolventa a Scolii de Fotografie din Osaka, Naomi Kawase realizeaza mai multe scurt- si mediu-metraje documentare si autobiografice, dintre care amintim: „Dans ses bras” (1992), in care vorbeste despre cautarea tataului sau, care si-a abandonat familia pe cand ea era tanara. Acest film i-a adus Premiul de incurajare la Festivalul Forumului imaginii de la Tokyo. Patru ani mai tarziu, Naomi Kawase realizeaza primul ei lung-metraj, „Suzaku”, a carui actiune are loc in regiunea ei natala, Nara, si care ii aduce premiul Camera de aur la Festivalul de la Cannes in 1997. Se intoarce in Nara in 2000 pentru a realiza filmul „Hotaru”, dupa „Kaléidoscope”, un film experimental, care evoca colaborarea sa cu fotograful Arimoto Shinya. In 2003 joaca un mic rol in „Shara”, prezentat in competitia oficiala a celei de-a 56-a editie a Festivalului de la Cannes. Filmul ii aduce recunoasterea internationala. Cannes ii poata noroc, pentru ca „Padurea Mogari”, al patrulea ei lung-metraj de fictiune, primeste Marele Premiu al Juriului la cea de-a 60-a editie a Festivalului (2007).

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